HYPNOLIMIT

Hypnolimit vise à rétablir l'harmonie intérieure de l'être humain, afin qu'il retrouve sa Véritable Nature (le Soi) et évolue en Pleine Conscience dans la paix et le bien-être.

"Accepter ce qui est, tel que c'est, ici et maintenant, c'est ça être soi."

Guillaume BOTTOLLIER-CURTET

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Conseil de vie - Psycho-énergétique - Pleine conscience

Guillaume BOTTOLLIER-CURTET

Conseiller de vie et Psycho-énergéticien à des fins de bien-être et d'évolution humaine

26 route de la Grangeat 
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FRANCE
Tel. : 04.50.90.70.32
Mobile : 06.09.01.50.53
Site : www.hypnolimit.com
E-mail : hypnolimit@hotmail.fr

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Jeudi 24 juillet 2008

Arnaud Desjardins

Un Maître contemporain, vivant et Français!

Quelle chance inouïe nous avons de pouvoir accéder grâce à lui, à la sagesse védantique adaptée à notre monde occidental.

Il a connu les plus grands maîtres et nous donne aujourd'hui, à l'aube de ce siècle qui sera spirituel ou ne sera pas, ce dont il fut nourri.

 

Arnaud Desjardins est né en 1925. réalisateur à la Télévision française pendant vingt-deux ans, grand reporter en Asie, membre de la société des explorateurs français, il se fait connaître dans les années soixante par une série de reportages inédits sur le bouddhisme tibétain, les ashrams hindous, les monastères zen du japon et les confréries soufies d'Afghanistan, ainsi que par ses premiers ouvrages, Ashrams, les Yogis et les Sages et Le Message des Tibétains.

Ses rencontres avec les maîtres des différentes traditions lui permettent d'approfondir sa propre quête spirituelle jusqu'au jour où il s'engage auprès de celui qui deviendra son maître, Swâmi Prajnanpad. Durant neuf années consécutives, il effectue auprès de ce maître Bengali, des séjours réguliers jusqu'à ce qu'une transformation radicale s'opère en lui.

 

En 1974, à la mort de Swâmi Prajnanpad, il estime devenir enfin le disciple de ce maître, n'étant jusque là qu'un élève!

il se retire dans le centre de la France pour partager avec quelques lecteurs de ses livres son expérience et assumer à son tour le rôle de guide.

Trois lieux jalonnent son parcours d'instructeur, le Bost en Auvergne, puis Font-d'Isière dans le Gard, et enfin Hauteville en Ardèche

 

Son enseignement

 

1-  libre de l'Ego

Dans l'adyatmayoga, l'enseignement de Swâmi Prajnanpad : le fondement de ce qu'on appelle "vie spirituelle" est une connaissance profonde  la psychologie, c'est-à-dire la connaissance du mental, qui englobe pensées et émotions. Mais la comparaison s'arrête là, car si le but en psychologie est de se connaître et d'essayer de mieux fonctionner, dans l'adyatmayoga, on bascule dans la métapsychologie, qui explore l'inconscient bien au delà de ce que permet la psychologie, et  qui recherche l'effacement de l'ego.

Le but étant de devenir  libre de l'Ego.

L'Ego est la somme de nos caractéristiques, le mental est notre attachement à cela!

 

2-  libre des désirs

Essentiel, mais difficile, car il est inadmissible pour l'homme moderne de concevoir une réalité où son individualité n'aurait plus de place. Le paradoxe est le suivant : chaque être est unique, mais chacun voudrait inconsciemment que l'autre lui ressemble, qu'il agisse en conformité avec ses désirs.

Du refus de la différence naît la dualité et donc la souffrance.

Le travail consiste donc à rechercher l'unité, à ne faire qu'un avec l'univers, car l'énergie est unique. Pour cela il ne faut pas tenter de "tuer" l'ego mais, au contraire  assumer  et vivre CONSCIEMMENT ses désirs .

Puis réaliser que la plénitude parfaite et durable ne peut être atteinte . Alors, seulement, les désirs tombent d'eux-mêmes. "La disparition de l'ego consiste en une mort à soi-même tel que nous nous connaissons aujourd'hui, une mort et une résurrection déjà si totales, que la mort du corps physique n'y enlève rien." 

 

3-  Libre des  émotions

Les émotions définissent l'ego.  "J'aime ou j'aime pas" (le pêché originel) est source de joies et de souffrances. La libération des émotions consiste à s'affranchir de ces réactions  émotionnelles: une chose n'est ni belle ni laide, elle est ce qu'elle est, tout simplement.

Sans émotions, est-on encore vivant ? "Oui, répond Arnaud Desjardins, car la mort de l'ego est la véritable naissance, la découverte de ce qui est au fond de nous." C'est l'éclatement de la prison étroite du "je" qui libère une perception plus juste du monde.

Ainsi, on n'est capable de sentiments qu'en abandonnant les émotions.

 

4-  Voir !

Etre présent, attentif, conscient, savoir à chaque instant ce qui se passe en nous et autour de nous. Seule cette attitude permet de Voir ce qui est, ce qui est Réel, et non la transposition de souvenirs passés intervenants dans le présent

Cette aptitude de vigilance se développe et croît peu à peu par l'exercice de la méditation. Seule la vigilance permet de ne plus se laisser emporter par les émotions. Cette attitude n'a rien de spectaculaire mais elle change tout. Ces moments de conscience, Arnaud Desjardins les appelle des "souvenirs" : on se souvient de soi-même, de son but, du sens de sa vie, et on reste maître de soi.

 

5-  Trouver son maître

Comme en thérapie, on ne peut s'engager sur les chemins de la sagesse sans être guidé par un être d'expérience ayant fait le chemin. Il stimule, bouscule, écoute et répond aux questions. "Si une personne ne réunit pas ces compétences, elle n'est en aucun cas un maître, mais un de ces aveugles guidant les aveugles..." Le maître ne révèle pas sa qualité par des prodiges spectaculaires, mais par sa réponse à une demande juste. Comment trouver son maître ? Par recommandation, en lisant des livres sur le sujet, au gré de retraites, etc. Puis le disciple s'arrête à celui qu'il reconnaît comme tel.

Mais le plus important n'est pas "d'avoir un maître", mais bien "d'être un disciple"

 

BIOGRAPHIE

 

1925-  naissance.

1949-  entre dans les groupes Gurdjieff. Atteint de la tuberculose,
il découvre en sanatorium les spiritualités orientales à travers ses lectures.

1952-  entre à l'ORTF.

1956-  épouse Denise. Deux enfants : Muriel et Emmanuel

1959-  premier voyage en Inde où il rencontre Mâ Ananda Moyi.

1964 et 1967-  rencontre les Maîtres tibétains.

1965-  quitte les groupes Gurdjieff et rencontre au Bengale son maître spirituel Swâmi Prajnanpad.

1967 et 1973-  séjours en Afghanistan dans les confréries soufi.

1972-  découvre le Zen au Japon avec le Maître Deshimaru.

1974-  démissionne de l'ORTF et se retire en Auvergne.

1984-  crée son premier ashram à Font-d'Isière, en Ardèche.

1995-  ouvre le centre spirituel de Hauteville à Saint-Laurent-du-Pape.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

A LA RECHERCHE DU SOI
Quatre ouvrages fondamentaux pour ceux qui souhaitent mettre en pratique l'enseignement spirituel
(La Table Ronde 1977. Réédition en deux tomes au printemps 2001).

 

L'AUDACE DE VIVRE 
Où l'on apprend que ce n'est pas de mourir dont nous avons peur, mais plutôt de vivre pleinement
(Pocket, 2000)

 

POUR UNE VIE REUSSIE, UN AMOUR REUSSIE
Comment le travail sur soi dans le couple permet de vraiment rencontre l'autre
(La Table Ronde, 1985)

 

LES CHEMINS DE LA SAGESSE
Un exposé spirituel rigoureux à partir de notes prises entre 1966 et 1973 auprès de son Maître Swâmi Prajnanpad
(La Table Ronde, 1999).


Extrait de http://www.francis-sigrist.org/desjardins.htm
par Guillaume BOTTOLLIER publié dans : Évolution humaine
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Mardi 15 juillet 2008
Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.

- Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.

- Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

 

"CHANGE LE MONDE"

"C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

- Qu'as-tu appris sur le chemin ?

- J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas.

- C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise.

Et il disparut. Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:

 

"CHANGE LES AUTRES"

"C'était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration." Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.

Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

- Qu'as-tu appris sur le chemin ?

- J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses.

- Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.

Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots :

 

"CHANGE-TOI TOI-MEME"

"Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

- Qu'as-tu appris sur le chemin ?

- J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à briser.

- C'est bien, dit le Sage.

- Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.

- C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru.

Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :

 

"ACCEPTE-TOI TOI-MEME."

Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens. "Quand on combat on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer. Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

- Qu'as-tu appris sur le chemin ?

- J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement.

- C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte.

A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:

 

"ACCEPTE LES AUTRES"

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage :

- "Qu'as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.

- J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.

- C'est bien, dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut :

 

"ACCEPTE LE MONDE"

"Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois." Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

"- Qu'as-tu appris sur le chemin ?

- J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

- C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde."

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita.

- Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.

Texte de Charles Brulhart

par Guillaume BOTTOLLIER publié dans : Évolution humaine
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Lundi 23 juin 2008

« Selon un dicton : « L’esprit du sage est semblable à un miroir. Il ne saisit ni ne résiste. Il reçoit et rend. C’est pour cette raison que celui-ci embrasse le monde sans nuire ni souffrir de la moindre nuisance. » C’est à cela que tu dois t’efforcer. Il te faut t’épurer, c’est pourquoi n’occupe pas ton esprit avec des trivialités. »

« Grand Maître, existe-t-il une chose telle que le bien et le mal, le vrai et le faux ? »

« Pourquoi  me demandes-tu cela ? »

« Vous avez dit : « Tout ce que nous faisons, nous le faisons nous-mêmes », et « Le paradis et l’enfer sont ici même, sur terre. » Est-ce que cela signifie qu’il n’existe aucune autorité extérieure ? Et si tel est le cas, qu’est-ce qui définit le vrai et le faux ? »

« Je m’en vais te conter une histoire pour te l’expliquer », dit le Grand Maître :

« Une fois, une femme belle et richement habillée se présenta à la porte d’une maison. Naturellement, le propriétaire de la maison l’accueillit, ébloui qu’il était par son charme éthéré.

« Puis-je vous demander qui vous êtes ? » lui dit-il.

« Je suis la Déesse de la Fortune », répondit-elle. « J’apporte la chance aux enfants malheureux, guéris les malades, accorde des enfants aux personnes stériles, octroie d’immenses richesses, et accomplis tout souhait et toute supplique ». Le propriétaire de la maison rajusta immédiatement ses robes, s’inclina bien bas devant elle et lui donna personnellement la place d’honneur en sa demeure.

« Quelques temps après, vint une autre femme. Elle était voûtée et boitait. Son visage était desséché, difforme, ridé. Ses cheveux étaient aussi emmêlés que de la paille de riz sèche. Le propriétaire fut indigné et lui demanda brutalement pourquoi elle s’était introduite dans sa propriété.

« Je me nomme la Ténébreuse Dame », lui dit-elle. « Où que j’aille, les riches font faillite, les hauts dignitaires tombent en disgrâce, les faibles trépassent, les forts perdent leur puissance, les femmes ne cessent de pleurer, et les hommes fondent en larmes. »

« Immédiatement, le propriétaire empoigna son bâton afin de la chasser. »

« Mais la Déesse de la Fortune l’arrêta et lui dit : « Ceux qui voudraient m’honorer se doivent aussi de lui faire honneur, car où que j’aille, inévitablement la Ténébreuse Dame suit. Nous sommes aussi inséparables que l’ombre l’es du corps. Nous ne pouvons exister l’une sans l’autre. »

« Le propriétaire comprit immédiatement et pressa les deux déesses de quitter les lieux, à présent fort apeuré que l’une et l’autre puissent rester. Les sages mènent leur vie de cette manière. »

« Le bien et le mal existent. Il y a le Tao lumineux et le Tao ténébreux. Il y a les démons et les dieux. Il y a les bonnes et les mauvaises gens. Mais il n’y a point de mal dans la nature, ni dans les constellations, ni dans les animaux. Ces choses sont alliées avec le Tao et sont dénuées de volonté propre. Elles suivent le Tao sans aucune résistance. C’est ce qui est symbolisé par le miroir qui ne saisit ni ne résiste, qui perçoit et rend simultanément. Mais l’humanité et les dieux diffèrent des plantes, des étoiles et des animaux en un point crucial : ils sont doués d’intelligence. Ils ont un esprit rationnel et calculateur. Ils possèdent un libre arbitre. C’est à cause de leurs manigances que le bien et le mal existent pour les êtres humains. Ils peuvent choisir, et il n’y aurait pas de choix si à la fois le bien et le mal n’existaient pas.

« Le yin et le yang composent la dualité fondamentale de l’univers. Aucun des deux n’exclut l’autre. Parce que l’obscurité existe, la lumière doit être. Pour que vienne le jour, la nuit doit le précéder. S’il y a un vrai, alors il doit y avoir un faux. »

La morale et l’éthique sont destinées aux gens stupides et irréfléchis. De telles personnes peuvent manquer de discrimination, mais néanmoins avoir un esprit rusé. Les sages ont inventé la morale seulement dans le but de contrôler ces fous en proie à un tel égarement. Ceux qui comprennent le Tao ne devraient pas tenir compte de telles choses. »

« La morale ne concerne pas ceux qui font preuve de discernement ; la personne pieuse et morale vit sa vie dans la crainte de faire quelque chose de mal. Chaque fois qu’elle commet un « péché », elle se rue au temple pour implorer des dieux leur pardon et solliciter leur aide. Elle voit des descriptions représentant les châtiments de l’enfer et tremble à la pensée de tomber si bas. Elle lit les écritures, fait l’aumône aux pauvres et travaille elle-même dans une constante anxiété en vue de faire le « bien ». Toutes ces prières et tous ces marmonnements sont inutiles. Un tel individu vit en esclave stupide et babillant de la superstition. Les dieux ne sont pas le moins du monde attirés par quelqu’un qui se courbe et traverse la vie en rampant. »

Extrait de « Chroniques du Tao » par Deng Ming Dao.

par Guillaume BOTTOLLIER publié dans : Évolution humaine
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